Etude de marché : L’entrepreneuriat au Maroc

Au cours de ces dernières décennies, la promotion de l’entrepreneuriat a représenté un vecteur fondamental dans toutes les politiques de développement économique. Les Etats, les ONG et ainsi que l’ensemble des acteurs socio-économiques, dans le monde entier, sont parfaitement conscients de l’importance de la création des entreprises, particulièrement les PME et les TPE.


Les perturbations et mutations économiques incessantes, le chômage qui sévit dans les sociétés surtout dans la catégorie des jeunes diplômés, imposent aux pays de procéder de manière urgente à l’assainissement et au développement de l’environnement de l’entrepreneuriat et la création d’entreprise pour activer au maximum ce levier de croissance et de création de la richesse. La création des entreprises et leur pérennisation est à cet égard fondamentale pour le dynamisme des économies modernes.


Force est de constater que les gouvernements accordent de plus en plus leur attention aux indicateurs tels que le nombre d’entreprises créées ou l’effectif des personnes employées. Plusieurs mesures incitatives sont mises en places pour le développement de l’entrepreneuriat. Nous pouvons citer à titre d’exemple : les mesures réglementaires (lois sur les sociétés, statuts spécifiques aux PME et TPE), les mesures fiscales (avantages et exonérations fiscales accordés pour les entreprises nouvellement créées), les mesures administratives (traitements et formalités simplifiées pour encourager la création), l’appui et le soutien en pré et post création, les modalités de financement,...
En effet, l’entrepreneuriat n’est pas un acte «standard». La complexité de son environnement, la disparité des secteurs d’activité, la multitude d’approches et de processus de création sont autant de raisons qui nécessitent un haut niveau de professionnalisme des organismes chargés d’accompagner les créateurs.
Selon l’OCDE, L’entrepreneur est ‘‘Celui ou celle qui prend des risques, associe des ressources de manière cohérente et efficiente, innove en créant des nouveaux services, produits ou procédés à long terme par la définition d’objectifs et matérialise des bénéfices au-delà de l’allocation courante des ressources’’1. L'entrepreneuriat est définit comme étant un processus qui consiste à identifier, évaluer et exploiter des opportunités d'affaires visant la création d'une nouvelle entreprise.


Les études ont montré que le développement entrepreneurial dépend étroitement de l’efficacité des politiques visant à : réduire les contraintes réglementaires et administratives qui pèsent sur l’activité entrepreneuriale ; promouvoir la formation à l’entrepreneuriat, qu’elle soit scolaire ou professionnelle ; faciliter l’accès des PME aux financements, à la technologie, à l’innovation, et aux marchés internationaux et promouvoir l’entrepreneuriat féminin.
Au Maroc, l’expérience du développement entrepreneurial est encore jeune. Elle se limite dans quelques initiatives et programmes publics et privés qui ne couvrent que très partiellement le besoin du pays en matière de création d’entreprises. Historiquement, les programmes de soutien les plus connus sont « le programme jeunes promoteurs » qui a été remplacé par le programme « MOUKAWALATI ».   Les   « Centres   Régionaux   d’Investissement   (CRI) »   interviennent uniquement dans la phase de création.
Toutefois, il est important de signaler que ces programmes ne sont pas suffisamment connus par la population des créateurs, en effet, sur 57000 créations d’entreprises enregistrées en 2007, 13,5% des créateurs ont bénéficié d’un soutien pré-création (Moukawalati et autre Organismes privés), 10% ont bénéficié d’un soutien en cours de création (CRI) et à peine 7% ont reçu un soutien en post création (Moukawalati et autre Organismes privés). Cette situation nécessite bien un ajustement des processus de communication, d’information, de formation, d’accompagnement et de Financement aux vrais besoins des jeunes créateurs et du tissu socio- économique au Maroc.■

CJD MAROC